
Les classiques de Science politique
.

Stigmate, les usages sociaux des handicaps- GOFFMAN
«Stigmate est un ouvrage fondateur pour les sciences sociales. Goffman y développe une sociologie des interactions, attentive aux détails du quotidien : gestes, regards, silences. Il montre que le stigmate n’est pas seulement une affaire individuelle, mais une dynamique sociale puissante. En analysant les mécanismes de l’exclusion ordinaire, il propose une critique implicite de la société normative. Son travail reste central pour penser le handicap, le genre, la “race” ou encore la santé mentale»

«Montaigne observe que le mot « barbare » est utilisé pour désigner les peuples qui n’appartiennent pas à la même culture que la nôtre. Par exemple, quand l’Europe découvre les peuples d’Amérique, elle les qualifie de barbares parce qu’ils ont des coutumes, des croyances et des modes de vie différents. Mais cette différence ne signifie pas automatiquement qu’ils sont mauvais ou violents. La barbarie est donc avant tout une question d’altérité, c’est-à-dire d’autre chose, d’étrangeté»

Surveiller et punir de M. FOUCAULT
« Le livre commence par un supplice très violent, pour montrer combien les châtiments d’autrefois étaient publics et brutaux. Mais à partir du XVIIIe siècle, tout change : la punition devient plus discrète. On ne cherche plus à faire peur avec des tortures, mais à corriger les individus, en les enfermant et en les surveillant. C’est le début d’un nouveau système de contrôle : la prison remplace la potence, et l’objectif devient de transformer les comportements au lieu de simplement punir»

De l’esprit des lois de MOntesquieu
« Publié en 1748, l’ouvrage est le fruit de vingt ans de travail. Montesquieu, baron bordelais et grand lecteur, y rassemble ses observations après de nombreux voyages, notamment en Angleterre, où il découvre une monarchie parlementaire bien différente de l’absolutisme français. Son approche est comparatiste : il observe les sociétés pour comprendre ce qui fonde leurs lois et leurs institutions »

LES CAHIERS DE PRISon D’A. GRAMSCI
« En 1926, Antonio Gramsci, intellectuel marxiste italien, est emprisonné par le régime fasciste. Durant sa détention, il rédige une trentaine de cahiers, couvrant un large éventail de thèmes : histoire italienne, fascisme, société civile, culture populaire et haute culture. Ces notes, parfois fragmentaires, constituent l’un des témoignages intellectuels majeurs du XXe siècle, malgré leur manque de cohérence systématique»

LES ORIGINES DU TOTALITARISME DE H. ARENDT:
« Arendt montre que le totalitarisme n’est pas une simple variante de la tyrannie, de la dictature ou du despotisme. C’est une forme de domination politique totalement nouvelle, née au XXe siècle, et qui vise non seulement à contrôler l’action des individus, mais aussi leur pensée et leur vie intérieure »

Eichmann à Jérusalem de H. ARENDT
«Eichmann à Jérusalem (1963) est à la fois un ouvrage de réflexion philosophique et un compte rendu du procès d’ Eichmann que l’autrice à suivi. A. Eichmann est un membre du parti nazi, un criminel de guerre et un fonctionnaire du Troisième Reich. Durant la Seconde Guerre mondiale, il s’occupe de la logistique de la solution finale. »

« Thomas Hobbes (1588–1679) écrit le Léviathan en 1651, alors que l’Angleterre est secouée par une guerre civile opposant le roi à son Parlement. Contraint à l’exil, il vit cette période comme un effondrement de l’ordre et rédige son œuvre en France. Ce climat de violence inspire sa réflexion sur les fondements de l’autorité : comment éviter que la société ne sombre dans le désordre et la guerre ? »

Le discours de la servitude volontaire de la Boétie
« La Boétie écrit ce texte vers ses 18 ans, au XVIe siècle, à une époque où les rois concentrent de plus en plus de pouvoir, ce qu’on appelle la monarchie absolue. Malgré son jeune âge, il maîtrise déjà les grands penseurs de l’Antiquité et développe une réflexion politique simple, mais percutante : pourquoi des millions d’individus obéissent-ils à un seul ? Pourquoi accepte-t-on collectivement d’être dominé ? Ce texte, court mais dense, est l’une des premières critiques politiques fortes de l’autorité »

« Machiavel affirme que l’action politique doit être jugée uniquement à ses résultats, et non à la morale des moyens employés. Un dirigeant qui sauve l’État, même en utilisant la ruse ou la violence, agit bien selon Machiavel. Il ne s’agit pas de faire le bien, mais d’être efficace pour préserver le pouvoir »

«On pense souvent que nos préférences culturelles, comme le choix d’un film ou d’un style musical, sont des décisions libres, reflétant notre personnalité. Pourtant, Bourdieu montre que ces goûts sont en réalité façonnés par notre environnement social. Ils sont une manière implicite d’affirmer son appartenance à un groupe social »

« Le Cens caché (1978) est un ouvrage du politiste D. Gaxie qui développe un concept éponyme. L’auteur s’intéresse au vote depuis que l’on est passé au suffrage universel – capacité de toutes et tous de voter. Il oppose ce vote universel au suffrage censitaire où seulement les plus riches pouvaient voter, ceux qui payaient l’impôt nommé cens. Cet ouvrage de sociologie politique va aller plus loin que le simple droit pour analyser les effets concrets du vote en France»
