RÉFLEXE POLITISTE: Par auteurs
Eichmann à Jérusalem – Hannah Arendt
01. UN TEXTE ISSU D’UNE EXPÉRIENCE:
Eichmann à Jérusalem (1963) est à la fois un ouvrage de réflexion philosophique et un compte rendu du procès d’ Eichmann que l’autrice à suivi. A. Eichmann est un membre du parti nazi, un criminel de guerre et un fonctionnaire du Troisième Reich. Durant la Seconde Guerre mondiale, il s’occupe de la logistique de la solution finale.
02. EICHMANN, UN HOMME COMME LES AUTRES :
Durant toute l’observation du procès, H. Arendt développe la conviction que A. Eichmann est un homme qui n’est pas né criminel de guerre, qu’il n’est pas non plus un malade mental. Arendt montre au contraire qu’il est un rouage dans une machine bureaucratique aveugle. En effet, Eichmann présente, lors de son procès, l’image d’un fonctionnaire médiocre.
03. UN HOMME QUI SAVAIT POUR AUTANT CE QU’IL FAISAIT :
Pour autant, l’autrice montre qu’Eichmann agissait en connaissance de cause, qu’il connaissait l’ensemble des conséquences de ses actions. Arendt considère que Eichmann est intelligent mais qu’il ne pense pas. Il ne respecte pas la maxime de la pensée élargie. Il est incapable de penser ce que les autres ressentent. Il obéit juste aux ordres.
04. LE CONCEPT DE LA BANALITÉ DU MAL
Ce qui a été surtout retenu de cet ouvrage c’est le concept de “banalité du mal”. Pour autant, cette expression n’est utilisée par l’autrice qu’à la toute fin du texte. A la suite du procès, H. Arendt conclue que le mal ne se cache pas dans l’extraordinaire mais dans la banalité, dans le quotidien des individus, dans le fait de ne pas remettre en question la société et ses normes.
05. UN CONCEPT CRITIQUÉ:
Suite à cet ouvrage et à ses positions, H. Arendt a été fortement critiquée. Tout d’abord, on l’a accusé d’excuser et de défendre Eichmann et les crimes nazis. Cette critique est réfutée par l’autrice qui affirme seulement relater des faits et en rien excuser les crimes nazis qu’elle a condamné systématiquement. Aussi, son concept a donné lieu à d’importantes controverses et d’interprétations erronées. Il faut replacer la banalité du mal dans le contexte totalitaires ou le mal fait l’objet d’une propagande d’Etat et d’une acceptation de la société.
06. UN TEXTE POUR LA RÉFLEXION :
Le texte d’H. Arendt a ainsi été abondamment critiqué et vous trouverez nombre d’auteurs pour le faire. Cependant, sa proposition intellectuelle enrichit la discussion et la réflexion sur la mise en place d’un Etat totalitaire. Mais il pousse aussi à la réflexion sur les actions individuelles et les choix des individus dans des circonstances tels que la guerre, les Etats totalitaires ainsi que la propagation de la haine. Cela nous amène à réfléchir à la diabolisation ou la dédiabolisation de certains comportements.
