RÉFLEXE POLITISTE: Par auteurs

Le Cens caché (1978) est un ouvrage du politiste D. Gaxie qui développe un concept éponyme. L’auteur s’intéresse au vote depuis que l’on est passé au suffrage universel – capacité de toutes et tous de voter. Il oppose ce vote universel au suffrage censitaire où seulement les plus riches pouvaient voter, ceux qui payaient l’impôt nommé cens. Cet ouvrage de sociologie politique va aller plus loin que le simple droit pour analyser les effets concrets du vote en France. 

Le concept de Cens caché vise à montrer que même si nous sommes passé au scrutin universel en droit, ce système se transforme en scrutin censitaire puisqu’il y a des catégories d’individus qui s’autoexcluent en ne votant pas. Ce sont principalement les personnes les moins dotés en capitaux culturels, qui ont fait le moins d’études qui s’autoexcluent. 

L’autoexclusion est la conséquence d’une inégale connaissance du système politique (inscription sur les listes électorales, fait d’aller voter, prendre la parole en public…). Les citoyen-nes qui s’autoexcluent sont ainsi ceux qui ont soit une perception de leur compétence politique comme plus faible ou ceux qui ont des compétences plus faibles. Que cette incompétence soit réelle ou non, dans les deux cas les individu-es ne se sentent pas légitime et donc ne vont pas voter. 

Ce cens qui est donc caché car non officiel conduit donc à la sous représentation de certaines catégories d’individus. Ce phénomène conduit in fine a une invisibilisation ou à une faible considération des intérêts de ces populations. D. Gaxie conclue en affirmant que cela conduit à une dépossession politique des représentés