RÉFLEXE POLITISTE: PAR auteurs
Les Essais de Montaigne
01. LA « BARBARIE », C’EST CE QUI EST ÉTRANGER :
Montaigne observe que le mot « barbare » est utilisé pour désigner les peuples qui n’appartiennent pas à la même culture que la nôtre. Par exemple, quand l’Europe découvre les peuples d’Amérique, elle les qualifie de barbares parce qu’ils ont des coutumes, des croyances et des modes de vie différents. Mais cette différence ne signifie pas automatiquement qu’ils sont mauvais ou violents. La barbarie est donc avant tout une question d’altérité, c’est-à-dire d’autre chose, d’étrangeté.
02. LE PRÉJUGÉ DÉPEND DE LA CULTURE :
Ce qui est considéré comme « barbare » change selon le point de vue de chacun. Chaque peuple croit que ses propres règles, ses façons de faire, sont les meilleures, les plus justes. Dès lors, tout ce qui ne suit pas ces normes est rejeté comme barbare. Montaigne montre que ce jugement n’est jamais objectif, mais toujours lié à un regard particulier, ce qui rend difficile de dire qui est vraiment « barbare ».
03. LA CULTURE N’EST PAS TOUJOURS UN PROGRÈS :
Montaigne remet en cause l’idée que la civilisation soit un progrès automatique vers le mieux. Il explique que la culture est une construction humaine qui modifie notre nature simple. Ceux qu’on appelle « sauvages » ont souvent conservé une vie plus proche de la nature, plus authentique et simple. La culture, au contraire, peut être un artifice qui éloigne l’homme de son état naturel, et parfois même le corrompt.
04. LES CIVILISÉS PEUVENT ÊTRE CRUELS
En analysant des exemples précis, Montaigne montre que les peuples « civilisés » peuvent commettre des actes bien plus cruels que ceux qu’ils jugent barbares. Par exemple, le cannibalisme pratiqué par certains peuples d’Amérique se fait dans des circonstances très spécifiques, alors que les Européens tuent souvent des innocents dans leurs guerres. Cela invite à réfléchir sur la vraie nature de la cruauté, et à ne pas la confondre avec la simple différence culturelle.
05. LES « BARBARES » ONT UNE VRAIE SAGESSE
Montaigne admire chez certains peuples dits « barbares » leur respect de la parole donnée, leur honnêteté et leur simplicité. Ces peuples vivent sans mensonges, sans trahisons ni hypocrisie, alors que ces comportements sont fréquents dans les sociétés civilisées. Cette pureté morale, qui peut paraître naïve, cache en réalité une sagesse que la civilisation a souvent oubliée.
