RÉFLEXE POLITISTE: Par auteurs
La richesse des Nations – Adam Smith
- Adam Smith, un des fondateurs de l’économie politique
En mars 2026, l’ouvrage phare d’Adam Smith (1723-1790) La Richesse des Nations (1786) aura 250 ans. L’œuvre d’A. Smith a été beaucoup reprise mais aussi critiquée notamment en ce qui concerne son concept de “main invisible”. L’auteur n’en reste pas moins une figure incontournable de l’économie politique car il en est l’un des fondateurs. Il s’intéresse à la division du travail et la réorganisation de la production, au marché, à la formation des salaires et au rapport de force entre la classe ouvrière et la classe capitaliste.
- Adam Smith, un philosophe
A.Smith est un penseur des Lumières. Pour lui, le principe de la cohésion sociale est centré autour du marché. Le marché permettrait aux individus de vivre ensemble et de subvenir le plus efficacement possible à leurs besoins. Pour lui, la seule organisation sociale possible serait que chacun se spécialise dans ce pour quoi il est le plus habile. Ainsi, chacun pourra se procurer les autres biens dont il a besoin pour vivre du fait de la production des autres.
- Adam Smith et la division du travail
En travaillant sur des manufactures à Toulouse, A. Smith développe l’idée que la division du travail à de profonds avantages :
- un gain de temps en luttant contre la flânerie ;
- le développement de la productivité ;
- le développement de la dextérité de l’ouvrier qui engendre une production inégalée.
Pour l’auteur, le capitalisme relève d’un processus naturel et la division sociale du travail existe depuis toujours.
Si A. Smith considère que les individus ne sont pas prédestinés à la naissance, il considère que l’on acquiert des talents dès l’enfance qui seront utiles dans notre métier futur.
- Le rôle de l’Etat et la main invisible
Smith est un libéral et milite contre le protectionnisme. Pour lui, la richesse d’une nation n’est pas la richesse qu’elle produit mais le capital qu’elle détient. Ainsi, si les capitalistes venaient à installer leurs machines et leur production à l’étranger, il y aurait un danger pour les nations. Cependant, pour Smith les capitalistes investissent dans leurs pays d’origine parce qu’ils préfèrent avoir leur capital sous les yeux.
Aussi, pour l’auteur, l’Etat ne doit pas intervenir car personne ne sait mieux que les capitalistes qui savent où sont leurs intérêts personnels. C’est ce qu’il appelle la main invisible. Pour Smith, les intérêts du capitalisme correspondent avec les intérêts de la nation.
- Smith et les types de travail
Pour Smith, il y a deux types de travail : le travail productif (crée de la marchandise) et le travail improductif (les services nécessaire à la société). Pour lui, il faut investir dans le travail productif, seul domaine créant de la valeur et de la marchandise. Cependant, les capitalistes, possédant le travail productif, ont des intérêts divergents avec ceux de la société puisqu’ils souhaitent avoir un train de vie luxueux, diminuant ainsi l’investissement, contrairement à la société qui, selon A. Smith a intérêt à beaucoup investir.
- Smith aujourd’hui
La théorie d’Adam Smith, notamment son expression de la main invisible, est encore citée aujourd’hui. Cependant, cette théorie est souvent mal comprise et simplifiée, déformant ainsi les propos de l’auteur. A. Smith reste également un auteur libéral, qui a écrit il y a plus de 250 ans. Sa pensée est-elle encore pertinente aujourd’hui alors même que la société n’est plus la même, que l’emploi tertiaire est aujourd’hui majoritaire ?
